moins je réfléchis et plus ma transformation en miroir se concrétise
plus on s'approche de l'absolu plus le dernier pas tend par son écartement vers l'infini
je me souviens de la première vibration de vie il y a 3,7 milliards d'années j'y étais
les êtres sont tous enfants du désert, du sable et du vide chacun de ces êtres est au moins un poème je dirais pour lui, pour elle, ce poème un poème n'est rien que des mots qui ralentissent vers le désert qui n'est pas vide ni froid qui est des petits grains frais qui structurent
nous sommes tous allés dans le désert
et nous sommes parvenus au même niveau
au-dessus du lieu qui nous dépasse
qui remplit d'un fluide sans désespoir
que nous donnons la première fois que nous sommes perdus
sur l'île du carrelage blanc
la place est tranquille
mais on ne peux pas fumer
sinon les usines de parfums du monde entier explosent
ce que je croyais être ma silhouette n'est que de l'épaisseur d'une feuille
la nuit tombe et le ciel aussi
le ciel entier, nuage et univers compris
température, mots d'amour et silence de haine
le sac infini du temps, la mongolfière de tous les rires
une seule fleur mais géante qui entoure les gens jusqu'à les aveugler
du début à la fin de leur vie,
ainsi j'assistai à la formation des océans
peuplier qui apparait en forme de bruit
et les feuilles parlent
petit enfant perdu mange avec ses parents le sable et la liqueur
dame facile rampe sur l’eau que j’ai laissé filée
tiède tempète que les sombreros percutent en rajoutant un bout de tête
penseurs énormes qui vont et viennent dans une seul pensée
on cherche en vain le sol et l'origine de la lumière
il y a bien des flaques de voix blanches
il y a les odeurs des anciennes mains
des restes de rencontres
des bouts d'autres bouches
même des machines dont on ne voit rien
seulement un esprit de moteur
et tellement de bruit
que l'on ne peux pas comprendre mais brûler
la première pensée venue
en voyant cette rivière
c'est de plonger nu
avec cette flamme
qui me brûle le coeur
avec cette flamme
qui me brûle le corps
nous sommes allés partout et nous y sommes restés tous ceux qui sont partis sont restés tous ceux qui sont restés sont restés il n'a pas de flamme il n'y a que du feu
crème de pluie qui me touche à la racine de l’eau
je traite de l'écume
avant je retraite l'eau vieille
dernière mousse
avant le quart de tour
de la lune en planche ronde
dernier rouleau d'été
j'ai des silhouettes
devant les yeux
à côté de ma bouche
une voix infinie se termine
fait le lien du bout de ficelle que je veux
toi qui n'as plus de bouche
tu as donné ta bouche
je bois pour toi
ma bouche est à toi
moi le premier homme
j'aime la vie et je lui donne mon esprit
je suis l'esprit de la vie, je chante la vie même dans le silence
les derniers indiens m'ont donné leur chant
le chant des indiens ne s'arrêtera jamais
je tue la mort du peuple indien en continuant leur chant de vie
après moi il y a mon chant
pendant que je meurs je chante
pendant que je vis je suis un indien qui chante
le chant des indiens est le chant de la vie
je suis le chant des indiens, je suis la vie maintenant